Des documents en héritage

Un nouveau parti prend le pouvoir, de nouveaux ministres sont désignés, de nouvelles visions sont désormais présentées et des actions sont mises en œuvres pour en faire réalité.

J’imagine sans difficultés les réaménagements de tout ordre au sein des ministères du Québec.

Cela m’a incité à faire le lien avec l’expérience que j’ai vécu lors de mon récent changement d’employeur. Trois semaines avant mon départ, j’ai pris le temps d’effectuer le tri dans les documents accumulés au cours des années.

Je me suis rapidement butée à quelques questions : que faire des analyses plus délicates que l’on classe dans des espaces à l’abri des regards indiscrets? Comment seront interprétés mes documents de réflexion? Les documents créés pendant mon mandat sont-ils réellement le reflet de mon style de gestion? Seront-ils considérés et appréciés en fonction du contexte organisationnel et politique du moment?

Certains feront table rase de leur vision,  d’autres souhaiteront laisser de l’information qui pourrait faciliter l’intégration de la personne qui lui succédera. J’ai pris la décision de laisser des traces, plus que moins. Est-ce mon expertise d’archiviste qui a influencé ma décision? Est-ce que je souhaitais laisser une forme d’héritage documentaire ce faisant?

Conservons-nous trop d’informations? Trop peu? Comment juger aujourd’hui de ce qui sera utile demain? Certes, les calendriers de conservation sont des outils de premier ordre pour faciliter la prise de décision, mais pour les documents de nature stratégique, il restera toujours un être humain pour décider de ce qui sera conservé, ou non.

Et vous? Qu’en pensez-vous?

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3 réponses à “Des documents en héritage

  1. La règle devrait d’expliquer les dossiers en cour afin de favoriser la transition, la continuité, la permanence de la fonction. Une documentation des opérations du poste permet de minimiser le risque de non continuité et de non transition. Une transition harmonieuse lorsque possible engendre une grande efficacité et rends l’opération beaucoup plus efficiente. Le nouveau gestionnaire aura toujours la liberté de fixer ces objectifs et orientations selon les stratégies qu’il désire mettre en place.

    • En effet, c’est une marque de respect pour le nouveau gestionnaire, les équipes qui poursuivent les activités et l’employeur lui-même.

  2. C’est un débat vraiment pertinent… qui heureusement fait parti du bulletin de nouvelles télévisé grâce à l’arrivée du PQ au pouvoir… À mon sens, il s’agit d’un enjeu qui doit même dépasser le cadre archivistique. Tout le monde devrait s’intéresser à ces questions… la protection du savoir commun concerne tout le monde. Je pense que le rôle de l’archiviste, à ce niveau, est de sensibiliser le public à cet enjeu.

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